Nord
Garoua
Localisation : Latitude 9°17’59.54″N et longitude 13°23’54.13″E pour le lamidat de Garoua.
Généralités :
Capitale de la province du Nord et chef-lieu du département de la Bénoué, Garoua est l’une des principales villes du Cameroun. Son emplacement en fait un carrefour touristique incontournable vers l’extrême nord (parc de Waza, lac de Maga et la région des Kapsikis), ou vers le sud avec les parcs de la Bénoué, de Boubandjida et la réserve du Faro.
Garoua est la ville natale du premier président camerounais, Ahmadou Ahidjo. Sa population est constituée essentiellement de Foulbés et de Falis.
Au 14ème siècle, des pasteurs foulbé quittent la vallée du fleuve Sénégal. Après plusieurs étapes dans les provinces du Mali de l’époque, puis au Niger, ils arrivent au lac Tchad avant de terminer leur migration sur les rives de la Bénoué. Ils s’installent sur l’actuel Garoua Winde où poussent des arbres nommés « rwe » par les habitants de ces lieux, les Batas. Ceux-ci nommaient l’endroit « Gwa-Rwe » (la vallée aux rwes) que les foulbés prononcèrent ‘Gwa-Rwa ». Ce fut orthographié Garoua en français.
Le lamidat de Garoua remonte à 1839. Connu d’abord sous le nom de Ribao, il fut fondé par Modibbo Haman, chef Vollarbé, après avoir vaincu les Bâtas et les Falis. En 1901, Bouba, petit-fils de Haman, prit le titre de Lamido et s’affranchit de la suzeraineté de l’Emir de Yola.
Liste des Chefs et Lamibés de Garoua
01 – 1810 à 1835 : Ardo Tayrou fils de Ardo Oumarou. Le Précurseur.
02 – 1835 à 1851 : Modibbo Haman Mayha fils de Mal Yaro. Le Fondateur de la dynastie qui règne encore aujourd’hui à Garoua.
03 – 1851 à 1863 : Ardo Bakari Mayha fils de Mal Yero. Le Conquérant, il introduit la culture du mouskouari, le tissage, la teinturerie et le commerce.
04 – 1863 à 1864 : Modibbo Oussoumanou fils de Haman Ndjoundi.
05 – 1864 à 1866 : Ardo Hambara fils de Ardo Bakari.
06 – 1866 à 1894 : Malloum Issa fils de Haman Ndjoundi. Le Bâtisseur.
07 – 1894 à 1897 : Ardo Abba fils de Ardo Bakari.
08 – 1897 à 1901 : Mal Dayfourou fils de Malloum Issa.
09 – 1901 à 1921 : Lamido Bouba Dewa fils de Modibbo Oussoumanou.
10 – 1921 à 1955 : Lamido Hayatou fils de Modibbo Abbo. Le Modernisateur.
11 – 1955 à 1966 : Lamido Alhadji Abdoulaye fils de Lamido Hayatou.
12 – 1966 à 1971 : Lamido Abdourahman Bobboy fils de Lamido Hayatou.
13 – 1971 à 2000 : Lamido Ibrahima Abbo fils de Modibbo Abbo.
14 – 2000 à ….. : Lamido Alim Garga Hayatou fils de Lamido Hayatou.
La ville possède quelques curiosités ou sites incontournables que vous pourrez découvrir à l’occasion de vos transits vers les parcs ou l’Extrême Nord.
Vous pouvez ainsi admirer la grande mosquée de Garoua, dans le quartier de Poumpoure, construite en 1982 et restaurée récemment grâce à un don de l’Arabie Saoudite. La cathédrale Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de Garoua vaut également le détour. Autre curiosités le pont sur la Bénoué où il était possible de voir le fameux hippopotame « Africa », disparu en 2011, et plusieurs de ses congénères.
Au centre ville, on peut voir les nombreux bâtiments administratifs de la ville, le marché artisanal avant son déplacement vers un nouveau bâtiment près de l’Alliance Franco Camerounaise. Cette dernière est un espace francophone de dialogue des savoirs et des cultures. Située près du Relais Saint Hubert, elle possède un théâtre de verdure de 600 places, une bibliothèque, une médiathèque, un cyber espace et des boukarous ateliers pour les activités artisanales ou de loisir. En dehors des manifestations culturelles qui y sont organisées, elle dispense des cours de musique, d’informatique, de théâtre etc… Son centre artisanal accueille des artisans qui travaillent le bois, le métal, fabriquent des bijoux, des sculptures.
Enfin, vous pouvez également visiter le zoo qui fait l’objet d’un article particulier de ce blog.
Comment y accéder :
Pour rejoindre Garoua, les possibilités sont limitées à la voie routière et à l’avion.
Conseils :
Il est préférable de choisir la période de l’année pour visiter Garoua car le climat et les paysages changent du tout au tout. En effet le climat est de type sahélien avec une saison des pluies de juillet à octobre où la végétation reprend le dessus sur le sable et où les rivières sont largement gonflées. Si le temps est plus clément, c’est néanmoins un handicap pour se déplacer en voiture car les innombrables mayos habituellement secs interdisent le passage même aux 4×4 les plus modernes. La saison sèche s’étend d’octobre à juin avec un pic de forte chaleur de février à avril. Il est alors courant de constater des températures de près de 50°C ! C’est la saison idéale pour visiter les parcs nationaux car on peut alors voir les animaux de loin puisque la végétation ne les masque plus. Seul inconvénient, la création de brume de chaleur associée à l’harmattan qui peuvent interdire tout atterrissage sur l’aéroport de Garoua. Il n’est donc pas rare de ne pas pouvoir rejoindre Garoua ou , plus embêtant y être bloqué, le temps que la brume se lève. Dans ce cas de nombreux hôtels sont disponibles pour les touristes.
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Jardin zoologique de Garoua
Localisation : Latitude 9°18’47.31″N et longitude 13°23’49.28″E.
Généralités :
Situé en plein cœur de la ville de Garoua, dans l’arrondissement de Garoua 2ème, le jardin zoologique de Garoua est une opportunité touristique si vous avez un peu de temps libre.
Avec sa superficie d’environ 6,8 hectares, le zoo de Garoua présente un couvert végétal à prédominance d’espèces exotiques et quelques pieds d’espèces dites indigènes. Son sous-bois est très riche en graminées.
Crée en 1966 comme petite ménagerie à parc d’animaux sauvages en transit, le zoo de Garoua a connu plusieurs mutations pour se retrouver depuis 1992 sous la tutelle du Ministère des forêts et de la faune.
En 1974, le jardin zoologique comptait des espèces très variées. On y retrouvait ainsi des éléphants, des antilopes, des dromadaires, des gros reptiles, des lions, des buffles et des hyènes. Beaucoup ont été transférées, il n’y a pas très longtemps au jardin zoologique de Mvog-betsi à Yaoundé. Actuellement, le zoo est principalement peuplé de crocodiles de Nil dont la population est supérieure à 70 individus. La raison en est simple puisque le zoo de Garoua est l’un des seuls ayant réussi la reproduction en captivité de cette espèce. Mais on trouve également un aigle pécheur, un marabout, un céphalophe, une gazelle de Thomson, trois dromadaires, une tortue, un vervet et plusieurs drills, babouins, chimpanzés et patas. Si vous vous promenez dans les sous bois du parc vous rencontrerez également des roussettes et croiserez les dromadaires ou quelques babouins en liberté.
Les objectifs assignés au zoo de Garoua sont nombreux, tant sur le plan scientifique, touristique, éducatif, socio-économique que culturel :
- Il permet le développement du tourisme de loisir, à travers l’expression des différentes espèces animales ;
- Il préserve les espèces en voie de disparition ;
- C’est aussi un laboratoire par excellence pour les étudiants de l’École de Faune de Garoua et d’autres grandes écoles du Cameroun.
Après plusieurs années de quasi abandon, des travaux ont été engagés pour réhabiliter ce zoo. De nouveaux enclos sont en cours de construction afin de pouvoir accueillir dans un avenir proche des lions et des antilopes.
Comment y accéder :
Le zoo est situé en face de l’hôtellerie Saint Hubert et juste à côté de l’Alliance Franco Camerounaise de Garoua.
Conseils :
Les tarifs pour visiter le zoo sont les suivants :
- Adulte : 1000 FCFA
- Enfant : 500 FCFA
- Appareil photo : 1000 FCFA
A visiter si vous avez le temps, mais ne vous attendez pas à trouver quelque chose d’extraordinaire.
Le plus dur, c’est de trouver quelqu’un dans la guérite pour payer son écot !
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Lac de Lagdo
Localisation : Latitude 9° 3’35.43″N et longitude 13°41’21.81″E
Généralités :
A 50 km au sud de Garoua, en pleine zone sahélienne, se trouve le barrage hydro-électrique de Lagdo construit dans les années 1978-1984 par les camerounais avec le concours d’ingénieurs et d’ouvriers chinois. Ceux-ci ont payé un lourd tribut en vies humaines, un petit cimetière situé tout près du barrage est là pour le rappeler et leur rendre hommage.
La construction de ce barrage sur la Bénoué, constitué de 4 turbines, fournit de l’électricité non seulement au nord du Cameroun mais aussi à une bonne partie du sud. Le barrage mesure 297 m de longueur, 40 m de hauteur, 9 m d’épaisseur et a été inauguré le 29 novembre 1986 par le président Paul Biya.
Le périmètre du fleuve a été déclaré bassin agricole de la région, il permet l’irrigation de 15 000 hectares de culture et assure l’autosuffisance alimentaire de la région. Le lac, d’une superficie de 586 km², offre un beau panorama rafraîchissant au touriste mais est aussi le lieu d’activité intense des pêcheurs et de cultivateurs (mil, riz, maïs etc…). De nombreux animaux tels qu’hippopotames et crocodiles y ont élu domicile.
Comment y accéder :
A partir de Garoua, prendre la direction de Ngaoundéré par la N1. 5 Km après la traversée du village de Ngong, prendre à gauche la D87 vers le village de Lagdo qui se trouve à 20 Km. La route est bitumée et ne nécessite pas de 4 x 4 mais attention aux nids de poule !
Conseils :
Vous pourrez vous désaltérer au « Lagon bleu ». Si cet établissement idéalement situé au bord du lac a dû être un petit paradis autrefois, il est triste de constater qu’il n’est plus que l’ombre de lui-même. L’avis publié dans le Petit Futé le dépeint très exactement.
Autre possibilité, à partir du port de pécheur de Lagdo, accéder à l’île aux damans en pirogue où se trouve une installation hôtelière et où des activités nautiques vous sont proposées. Mais pour cela il vous faudra plus de temps.
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Parc de la Bénoué
Localisation : Latitude 8°12’0.40″N et longitude 13°38’30.03″E pour la porte d’accès à Banda
Généralités :
Ancien domaine privé de chasse du Lamido de Rey Bouba, le parc de la Bénoué devient réserve de faune le 11 novembre 1932 avant d’être transformé en parc national le 5 décembre 1968. D’une superficie de 180 000 hectares, il est actuellement géré par un conservateur assisté par des gardes chasses.
Sa faune est relativement diversifiée même si on peut regretter une tendance à la diminution des espèces. On trouve assez facilement des cobs de Buffon, des cobs defassa, des bubales, des hypotragues, des girafes, des céphalophes, des hippopotames et de nombreux singes . Avec de la chance on peut voir des lions, des buffles, des éléphants, des élands de Derby. On trouve également 300 espèces d’oiseaux et 75 espèces de poissons.
Le parc dispose de 3 campements gérés par l’Etat. Le campement du Grand Capitaine dispose de 8 chambres mais actuellement le restaurant est fermé. Le campement de chasse du Bel Elan avec 2 chambres et le campement du Buffle Noir avec 32 chambres et un bar restaurant. Attention pour ce dernier, l’électricité ne fonctionne que 3 heures par jour (18H30 à 21H00) ce qui rend les climatisations inutiles mais permet également de se poser des questions sur la conservation des aliments. D’une manière générale les campements sont très rustiques mais ont le mérite d’être situés au coeur du parc.
Le paiement des droits d’accès se fait auprès du conservateur au campement du Buffle Noir. Par jour les tarifs sont les suivants :
- 1500 FCFA pour les nationaux
- 3000 FCFA pour les résidents
- 5000 FCFA pour les non résidents
- 2000 FCFA pour un appareil photos
- 2000 FCFA pour le véhicule
- 3000 FCFA pour le guide/pisteur
Plus d’informations sur le site Internet du parc de la Bénoué.
Comment y accéder :
Il faut prendre la N1 et compter 124 Km de route depuis Ngaoundéré ou 169 Km depuis Garoua pour arriver à Banda, unique point d’accès recommandé pour les visiteurs. Les 3 autres entrées sont à déconseiller compte tenu du très mauvais état des pistes. Il faut ensuite faire 34 Km de piste parcourus en 45 minutes, avant d’arriver au campement du Buffle Noir.
On peut regretter que les pistes ouvertes au public soient en très mauvais état et surtout réduites à seulement 40 Km. Cela ne favorise pas la rencontre avec les nombreuses espèces animales du parc.
Conseils :
Bien que disposant du statut de parc national, il souffre d’un manque d’entretien flagrant aussi bien au niveau des campements que de l’aménagement du parc pour les touristes. La Bénoué est surtout intéressant pour ses nombreuses mares aux hippopotames qui permet de les observer de très près. Pour le reste, il faut de la chance.
Seul le campement du Buffle Noir offre le minimum de confort, mais la comparaison avec Bouba Ndjida est sans appel ! La propreté du site est approximative et les services minimalistes.
Enfin, si vous êtes un accroc du téléphone portable, pas de réseau disponible sur le campement. Cependant, un point sous un arbre permet de capter épisodiquement une liaison. Cet arbre connu sous le nom de « call box » vous sera indiqué par le personnel du campement.
Le campement est ouvert de novembre à mai
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